On a vu dans le dernier post qu'un LLM produit la réponse la plus plausible, pas forcément la plus vraie. Et on avait vu avant qu'un RAG lui fournit les bons documents. Problème réglé, donc ? Pas tout à fait, parce qu'entre la question et la réponse, il y a toute une chaîne, et chaque maillon peut lâcher.
Reprenons notre assistant interne et suivons une question : "Quel est le délai de préavis pour une démission ?"
Premier maillon, la recherche. Elle peut ramener le mauvais document, par exemple la procédure de résiliation des contrats fournisseurs, qui parle beaucoup de "préavis" et de "délai". Ou ne pas ramener le bon, parce qu'il est rédigé avec d'autres mots et qu'il arrive onzième alors qu'on n'en garde que dix.
Deuxième maillon, le découpage. Le bon chunk est là, mais il s'arrête juste avant la phrase "sauf pour les cadres, où le délai est de trois mois". Le modèle répond juste... pour une partie des salariés seulement.
Troisième maillon, les documents eux-mêmes. La version 2022 et la version 2025 de la procédure sont toutes les deux dans la base, et elles ne disent pas la même chose. Laquelle croire ?
Quatrième maillon, l'interprétation. Tous les bons passages sont là, mais le modèle les combine mal, ou tire une conclusion que le texte ne dit pas vraiment.
Et enfin, le cas le plus traître : la réponse n'existe tout simplement pas dans les documents. On retombe alors sur le comportement du post précédent : si on ne lui a pas appris à s'arrêter, le modèle complète avec ce qui lui semble plausible.
Un RAG réduit donc fortement les hallucinations, mais ne les supprime pas. Ce qu'on appelle le grounding, c'est justement l'effort pour ancrer chaque réponse dans les sources fournies, et un bon système se reconnaît à trois comportements.
Il sait dire "je ne sais pas". C'est peut-être la réponse la plus précieuse qu'un assistant puisse donner, et elle se prépare : dans les instructions, dans le choix du modèle et dans les tests.
Il cite ses sources. Chaque affirmation renvoie au passage d'où elle vient, ce qui permet à l'utilisateur de vérifier en deux clics.
Il distingue ce qui est écrit de ce qu'il déduit. "La procédure indique trois mois" et "j'en conclus que votre cas relève probablement de cette règle", ce ne sont pas deux phrases du même niveau de confiance.
Jusqu'ici, notre IA cherche, lit et répond. Mais on peut aller plus loin et lui permettre d'agir : consulter une API, récupérer une donnée en temps réel, créer un ticket, déclencher une action. C'est là qu'on commence à parler d'agents, et c'est le sujet du prochain post.
Cette leçon a d'abord été publiée sur LinkedIn. Rejoindre la discussion
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